Alors que 78 départements sont placés en vigilance orange canicule ce mercredi, contre 43 la veille, et que les températures grimpent jusqu'à 40 °C dans plusieurs régions, c'est la cinquième vague de chaleur de l'été qui frappe le pays. Cette fois, ce sont les établissements de santé qui en paient le prix.

Des soins mis à l'arrêt

Plusieurs hôpitaux ont dû déprogrammer des opérations chirurgicales, incapables de garantir des conditions sanitaires acceptables dans des blocs opératoires surchauffés. Certains ont également été contraints de détruire des médicaments, ceux-ci n'ayant pas résisté aux températures extrêmes qui règnent dans certains locaux.

« On tue des malades ! », a résumé Jean-François Cibien, vice-président de l'organisation Samu-Urgences de France (SUDF), cité par le groupe de presse EBRA. Selon lui, des patients ont dû rester allongés sur des brancards « dans des couloirs à 40 °C », faute de place ou de personnel disponible pour les prendre en charge dans de meilleures conditions.

Des climatiseurs, mais pas de solution durable

Face à la répétition des épisodes de forte chaleur, le gouvernement avait annoncé fin juillet l'achat de 33 000 climatiseurs mobiles destinés aux établissements de santé. Une mesure présentée comme un soulagement immédiat, susceptible de faire redescendre un peu la tension dans les services les plus exposés.

Mais cet équipement ne règle pas la question de fond. Selon les informations rapportées par EBRA, les futurs hôpitaux ne seront pas systématiquement climatisés, les pouvoirs publics privilégiant des solutions dites alternatives, sans que leur nature exacte ni leur efficacité face à des vagues de chaleur à répétition ne soient précisées.

Une France sous tension climatique

Cette crise hospitalière s'inscrit dans un contexte météorologique inédit. Selon Météo-France, la vague de chaleur qui touche actuellement la quasi-totalité du territoire épargne presque uniquement le nord du pays. Le Centre-Val de Loire, la Nouvelle-Aquitaine ou encore l'Île-de-France doivent composer avec des maximales comprises entre 38 et 40 °C, tandis que certaines zones de l'ouest, pourtant peu habituées à de tels extrêmes, franchissent elles aussi la barre des 39 °C.

À cette chaleur s'ajoute une sécheresse qui bat des records, plaçant près de 70 % du territoire sous restrictions d'eau. Une situation qui, selon les prévisionnistes, devrait encore s'aggraver dans les prochains jours, la vigilance orange étant annoncée dans 80 départements dès jeudi.