Le bateau, exploité sous le nom de FiloJet, avait quitté le port de Kyrenia/Girne, en République turque de Chypre du Nord (RTCN), à destination du port turc de Tasucu. Selon le ministère de l'Intérieur turc, il transportait 259 passagers et huit membres d'équipage. L'embarcation aurait commencé à prendre l'eau à seulement quatre milles nautiques de son point de départ, avant de chavirer dans la matinée.
Un bilan qui s'alourdit heure après heure
Les premiers bilans communiqués par les autorités locales faisaient état de six morts, avant que le Premier ministre de la RTCN, Unal Ustel, ne fasse état sur X d'un septième décès. Selon ses déclarations, relayées par l'agence étatique turque Anadolu, 172 personnes ont pu être secourues à ce stade. L'ambassadeur de Turquie à Nicosie, Ali Murat Basçeri, a de son côté confirmé l'existence de morts sans en préciser le nombre exact à la chaîne publique TRT, tout en assurant que « la grande majorité » des passagers avait été sauvée. Le maire de Kyrenia, Murat Senkul, avait quant à lui évoqué un peu plus tôt dans la journée 159 personnes retrouvées sur environ 258 passagers, un décompte qui illustre la difficulté à établir un bilan stable en pleine opération de secours.
Une vingtaine de moyens engagés
Selon le ministère turc de l'Intérieur, près d'une vingtaine de moyens maritimes et aériens ont été mobilisés pour les opérations de recherche et de sauvetage. Les images diffusées par les chaînes de télévision turques montrent le navire ballotté, en partie immergé, entouré de nombreux débris flottants. On y voit aussi des passagers évacués, tous vêtus de gilets de sauvetage orange, ainsi que de nombreux véhicules de secours alignés sur le port.
Le ministre de l'Équipement et des Transports de la RTCN, Erhan Arikli, a précisé que les rescapés étaient « ramenés au port de Girne afin d'être hospitalisés ». Le ministère de la Santé local a assuré de son côté que « toutes les mesures ont été prises, tant au port que dans les hôpitaux publics et privés », affirmant avoir mobilisé « au maximum » ses ressources humaines pour permettre une prise en charge rapide des blessés.
Un territoire à la reconnaissance limitée
Les recherches se poursuivaient dimanche soir pour tenter de retrouver d'éventuels disparus. La RTCN, qui occupe environ un tiers de l'île de Chypre, n'est reconnue que par la Turquie. Elle a proclamé son indépendance en 1983, neuf ans après l'invasion de l'armée turque dans le nord de l'île, consécutive à un coup d'État nationaliste chypriote soutenu par la Grèce.
Les causes exactes du naufrage restent à ce stade inconnues. Ce qui, en revanche, ne fait aucun doute, c'est qu'une mer d'apparence si calme aura suffi, ce dimanche, à briser des dizaines de vies et à en menacer bien d'autres.