Un été qui bascule
Gylwin James, ancien batelier de 79 ans installé depuis une dizaine d'années dans cette commune de 300 âmes, vivait seul. Son corps est découvert le samedi 1er août, dans son lit, la tête en sang : des habitants, sans nouvelles depuis trois jours, s'étaient inquiétés de ne plus le croiser, sa voiture, elle, n'avait pas bougé.
Le retraité a succombé à des coups d'une rare violence, portés entre le mercredi 29 juillet et le 1er août. « Aucune arme n'a été retrouvée dans l'habitation », précise la procureure de la République de Nevers, Anne Lehaitre. Une information judiciaire pour homicide volontaire a depuis été ouverte. Un dernier hommage a été rendu à la victime le jeudi 20 août, en l'église Saint-Maurice.
La piste d'un vieux différend
Mardi 25 août, un couvreur qui avait travaillé chez Gylwin James, Jean-Pierre D., a été placé en garde à vue et son domicile perquisitionné. Selon plusieurs habitants, un litige aurait opposé les deux hommes après des travaux mal achevés sur une grange, jusqu'à une procédure judiciaire. À ce stade, aucune charge n'a été retenue : l'artisan reste présumé innocent.
À Champlemy, chacun attend désormais de comprendre comment, dans un village où l'on se salue de la main, quelqu'un a pu la lever contre celui qui connaissait le prénom de tous.