Une semaine après la découverte de son corps calciné dans les vignes de Saint-Gilles, dans le Gard, l'enquête connaît un premier rebondissement judiciaire. Deux hommes avaient été interpellés et placés en garde à vue mercredi 19 août. Vingt-quatre heures plus tard, l'un d'eux a recouvré la liberté, tandis que l'autre reste entre les mains des enquêteurs.

Une libération faute de preuves suffisantes

Selon la procureure de la République de Nîmes, Cécile Gensac, la levée de cette garde à vue s'explique par l'absence d'éléments probants. « Les éléments de l'enquête n'ont pas permis, à ce stade, d'établir sa participation au déroulement des faits », a-t-elle indiqué dans un communiqué. Cette formulation, prudente, ne clôt pas définitivement la question de l'implication de cet homme : elle signifie simplement qu'en l'état actuel des investigations, rien ne permet de le retenir. Conformément au principe de présomption d'innocence, cet individu n'est donc plus considéré comme suspect à ce stade de la procédure.

Le second homme, lui, voit sa garde à vue prolongée. Une perquisition a été menée à son domicile, selon des informations rapportées par la presse locale, sans que son contenu n'ait été détaillé publiquement. Les gendarmes disposent, dans ce type de procédure pour assassinat, d'un délai pouvant aller jusqu'à quatre jours pour interroger un suspect avant de décider d'une éventuelle présentation devant un juge.

Retour sur une découverte macabre

L'affaire avait débuté le 12 août, au petit matin, lorsqu'un agriculteur avait découvert un corps de femme dénudé et partiellement calciné au milieu des rangs de vignes de Saint-Gilles, une commune du Gard proche de Nîmes. L'identité de la victime, d'abord évoquée par la presse locale grâce aux témoignages de proches, a été officiellement confirmée le 19 août par la procureure de Nîmes : il s'agit bien de Sonia Bellina, une influenceuse de 29 ans, connue sur TikTok où elle comptait environ 260 000 abonnés.

La jeune femme, qui aurait fêté ses 30 ans en septembre selon des proches, serait sortie un soir sans jamais rentrer chez elle. Les circonstances précises de sa disparition, entre le moment où elle a été vue pour la dernière fois et la découverte de son corps, restent floues et font l'objet des investigations en cours. Une information judiciaire pour assassinat a été ouverte dès la découverte du corps, qualification qui suppose la préméditation et qui structure désormais l'ensemble de l'enquête.

Des zones d'ombre encore nombreuses

Le parquet de Nîmes a précisé que les deux hommes interpellés étaient défavorablement connus des services de police et de gendarmerie, sans détailler la nature de ces antécédents. Cette information, si elle inscrit l'enquête dans un contexte particulier, ne préjuge en rien de leur responsabilité dans la mort de Sonia Bellina.

À ce stade, aucune mise en examen n'a été prononcée. L'homme toujours placé en garde à vue pourrait voir sa situation évoluer dans les prochaines heures : soit une présentation devant un juge d'instruction en vue d'une éventuelle mise en examen, soit une remise en liberté si les charges s'avèrent insuffisantes, comme cela a été le cas pour le premier suspect.

Cette affaire, qui a suscité une forte émotion en raison de la notoriété de la victime sur les réseaux sociaux, illustre la prudence méthodique qui caractérise les premières heures d'une enquête pour assassinat. Les gendarmes du Gard poursuivent leurs investigations, entre analyses scientifiques, exploitation des données téléphoniques et auditions de témoins, pour tenter de reconstituer le fil des événements qui ont mené à la mort de la jeune femme.