Une drôle de mutation

L'histoire commence en juillet dernier. Des agriculteurs, ne souhaitant plus garder ces trois volailles, décident de s'en séparer. Plutôt que de les envoyer à l'abattoir, elles sont confiées à l'association « Champs libres aux poules », qui leur trouve un point de chute pour le moins inattendu : un centre pénitentiaire des Hautes-Pyrénées.

Sur place, un poulailler en bois les attend déjà, aménagé au sein même de l'établissement. Les trois nouvelles arrivantes rejoignent deux autres poules déjà installées, portant à cinq le nombre de résidentes à plumes de la prison. Un potager complète ce petit coin de campagne carcéral.

Responsabiliser derrière les murs

Au-delà du sauvetage animalier, l'initiative poursuit un objectif plus large : impliquer les détenus dans le soin quotidien de ces animaux. Selon l'association à l'origine du projet, s'occuper des poules permettrait aux détenus de « se responsabiliser » et de « créer du lien », tant avec les animaux qu'entre eux.

Cette démarche s'inscrit dans une tendance plus large de projets associant bien-être animal et réinsertion en milieu carcéral. Confier des tâches liées au vivant, qu'il s'agisse d'un jardin ou d'un élevage, est de plus en plus utilisé comme outil éducatif dans certains établissements pénitentiaires, en complément des dispositifs classiques de réinsertion.

Un symbole à plumes

Pour les poules, le contraste est saisissant : évitées de l'abattoir, elles terminent leur existence à l'abri des regards, dans l'enceinte d'une prison, où leur présence est pourtant synonyme de liberté retrouvée après des mois de captivité. Pour les détenus, elles représentent une occasion quotidienne de sortir de la routine carcérale et de prendre soin d'autre chose que d'eux-mêmes.

L'association « Champs libres aux poules » n'a pas précisé si d'autres établissements pénitentiaires pourraient accueillir prochainement de nouvelles volailles sauvées de l'abattoir.