Selon des révélations du site Mediapart, le contrôle judiciaire de Patrick Bruel a été allégé dès le 21 juillet 2026. Le juge d'instruction, saisi par les avocats du chanteur d'une demande de mainlevée partielle, a accepté de lever l'interdiction de quitter le territoire national qui pesait sur l'artiste depuis sa mise en examen. Cette information a émergé après que plusieurs lecteurs eurent signalé avoir croisé Patrick Bruel hors de France, alors que cette interdiction était censée s'appliquer.

Une trentaine d'accusations

Patrick Bruel, âgé de 67 ans, est mis en examen depuis le 10 juin dans quatre affaires distinctes et placé sous le statut de témoin assisté dans quatre autres dossiers. Il est visé par au moins 31 plaintes pour des faits de viol, d'agressions sexuelles et de harcèlement sexuel. Conformément à la présomption d'innocence, aucune de ces accusations n'a pour l'heure été jugée par un tribunal.

L'allègement de son contrôle judiciaire lui permet désormais de se déplacer librement, y compris à l'étranger, une liberté de mouvement dont il ne disposait plus depuis la mise en place de la mesure restrictive deux mois plus tôt.

Le parquet dénonce une décision « injustifiée »

Le parquet de Nanterre n'a pas tardé à réagir. Interrogé par Mediapart, il a confirmé avoir « interjeté appel de cette ordonnance », qu'il qualifie d'« injustifiée » et d'« excessive ». L'appel a été transmis à la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles, qui devra désormais se prononcer sur le maintien ou l'annulation de cet allègement.

Dans l'attente d'une décision de la cour d'appel, Patrick Bruel conserve la possibilité de se déplacer librement, la procédure d'appel n'ayant pas d'effet suspensif immédiat sur la mesure contestée.

Cette séquence judiciaire illustre les tensions qui peuvent surgir entre la défense d'un mis en examen, cherchant à alléger les contraintes imposées par la justice, et le ministère public, qui estime au contraire que la gravité des accusations justifie le maintien de restrictions strictes. La décision de la chambre de l'instruction de Versailles sera scrutée de près, tant elle pourrait influencer la suite de cette procédure judiciaire particulièrement suivie.